ERREUR DIVINE

Une nappe de brouillard, un fracas assourdissant, un enchevêtrement de tôles, des appels à l’aide, des sirènes hurlantes, un carrousel de gyrophares et plusieurs blouses vertes autour de moi. Puis un grand trou noir.

Je suis maintenant étendue au milieu d’une prairie écrasée de soleil. J’émerge lentement du coaltar. Encore hébétée, je regarde autour de moi : des fleurs, des fleurs à perte de vue, des freesias surtout, par millions, des zinnias, autour desquels volettent des paons-du-jour, et des muscaris. Les corolles des amaryllis géantes, dominant tels des phares des vasques éburnéennes, piquettent de  leur note pourpre  cet océan bigarré. De-ci de-là se dresse un paulownia dont les vastes feuilles tomenteuses procurent une ombre bienfaisante et dont les fleurs exhalent  des senteurs de violettes qu’une brise douce comme une caresse répand à l’entour (alentour). Non loin de moi pousse un énorme arbre fruitier propre à plonger un pomologue dans des abîmes de perplexité, car il produit les fruits les plus variés, tous hors norme(s), de la nèfle à la goyave en passant par la papaye et l’azerole. Des grappes de cueilleurs gourmands, perchés sur d’immenses échelles, s’en gavent  à tire-larigot en s’agitant dans le feuillage d’où s’échappent des oh ! d’admiration mêlée de surprise.

Tout à coup, je m’aperçois avec terreur que les fleurs sur lesquelles je suis couchée sont des asphodèles. Et je frémis, car les asphodèles étaient semés par les Anciens autour des tombeaux, ces liliacées étant censées servir de mets aux défunts. Des asphodèles !

(Dictée des juniors)
Et pourquoi pas aussi des chrysanthèmes ? Ce serait le bouquet ! Je devine alors l’insupportable réalité. Je suis pensionnaire, au paradis certes, mais  dans l’autre monde ! Cette révélation me panique. Je me lève d’un bond, je veux rencontrer  un responsable de la direction, lorsque, jaillissant impromptu, un quadrige attelé de genets aubères s’arrête devant moi. Impassible, un vieillard encore ingambe, vêtu d’une simarre chamarrée, une chouette hulotte perchée sur une épaule, un sifilet sur l’autre, en descend.  Aussitôt des nuées de résidents curieux  accourent et, déférents, s’agglutinent  autour de lui. La rumeur enfle : « Le messager ! Le messager ! » Sans mot dire, il me tend une enveloppe. Je la décachette et lis : «  A la suite d’une incompréhensible  erreur de jugement dernier, vous avez été mal aiguillée. Votre place est en enfer. Vous y serez incessamment conduite
F. Klotz sous le contrôle du jury présidé par P. Mayoraz
Variantes : paons du jour, violette, frésias, résidants, au défunt, volètent, piquètent, décachètent, abime, à tirelarigot
RESULTATS DE LA DEMI-FINALE 2014:
Catégorie juniors:
1.- Cattin Carole
2.- Hirt Viviane
3.-Zeizer Melissa
4.- Magnenat Thérèse
Catégorie seniors:
1.- Rohner Magali
2.- Yves Scheller
3.- Morand Stéven
4.- Barmont Chantal et Praz Eugène ex aequo
Catégorie champions:
1.- Guy Deschamps et Guillaume Terrien ex aequo
3.- Fattore Daniel
4.- Benoît Delafontaine